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  • L’avenir de la Nouvelle-Calédonie doit s’inscrire durablement dans la France

    RRB 30/07/2010 Journaliste : Éric Gay, une séquence politique importante entre la venue du Premier ministre, François Fillon, la levée des deux drapeaux. Le Rassemblement tenait un séminaire, dans quel état d’esprit est le Rassemblement aujourd’hui, comment réagissent vos militants, vos cadres ?

     

    Éric Gay : Écoutez, nous sommes très bien, nous sommes dans une grande sérénité, parce que l’ensemble des propositions qui ont été actées au comité des signataires du 24 juin, quasiment toutes sur la base des propositions que Pierre Frogier avait faites, en souhaitant que ce soit un comité politique, ça a été le cas, ont été acceptées. Ensuite, sur la proposition, très importante, de la levée des deux drapeaux, l’accord donné au comité des signataires par le président de la République, avec la venue du Premier ministre, je crois que ce sont des signes forts du gouvernement national de soutenir cette démarche qui a été initiée par Pierre Frogier, afin qu’avec nos partenaires de l’Accord de Nouméa nous soyons dans les meilleures dispositions possibles pour entamer la suite des discussions et préparer la sortie de l’Accord de Nouméa. Je crois que pour faire tout ceci, il faut être dans un état d’esprit d’union, dans un état d’esprit de responsabilité et c’est ce que nous avons expliqué, ce matin, à l’ensemble des responsables de notre mouvement, qui ont accepté cette démarche et nous sommes prêts pour suivre ce qui va se passer dans les mois qui viennent.

     

    Journaliste : Justement, quand on parle des drapeaux, le Rassemblement dit « c’est une étape », un certain nombre de gens dans la population pense, mais il y a pas de contrepartie, qu’est-ce que vous leur dites ?

     

    Éric Gay : Non, on n’a pas du tout situé les choses de cette façon-là. C’était pas du tout une question de contrepartie, c’était une question, je crois que Pierre Frogier l’a expliqué à plusieurs reprises, de reconnaissance. C’était, pour nous, une base nécessaire, essentielle, pour que nous soyons dans de bonnes conditions avec nos partenaires indépendantistes pour entamer les discussions de préparation de sortie de l’Accord de Nouméa. Cette reconnaissance de cette double légitimité que personne ne voulait mettre sur la table, Pierre Frogier a eu le courage, a eu l’audace de le faire, comme certains ont pu le souligner, et a permis d’arriver là, aujourd’hui. Maintenant, au-delà des questionnements que peuvent se poser la population, sur lesquels nous devons faire un gros effort d’explication, de rencontres, d’information, ce que notre mouvement va faire. Il va s’organiser pour aller à la rencontre de tous ceux qui souhaiteront le faire dans cet esprit de construction. Pas comme certains, aujourd’hui, qui cherchent à créer de la division.

     

    Journaliste : Alors, justement, on sent une espèce d’agitation politique, d’incertitude politique, avec des rumeurs notamment sur une éventuelle chute du Gouvernement de Philippe Gomès, alors, vous allez, ou non, faire tomber ce gouvernement ? C’est un peu la question que tout le monde se pose ?

     

    Éric Gay : Non, nous, on n’est pas du tout dans cette démarche politique. C’est pas notre type de fonctionnement au Rassemblement. Nous sommes là pour assumer les responsabilités que les Calédoniens nous ont données et je crois qu’on a toujours fait preuve, dans l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, de ces responsabilités. Aujourd’hui, le président du Gouvernement cherche, pour des raisons électoralistes, à créer de la division, au moment où, enfin, apparaît une entente entre les uns et les autres et une reconnaissance forte. Je crois qu’il cherche à attirer à lui et à être victime d’un train de l’histoire qui vient de passer et qu’il a pas su prendre. C’est à lui d’assumer ses responsabilités, d’être capable de dire si, aujourd’hui, il a encore toute la légitimité pour assumer cette responsabilité de président du Gouvernement. Pour nous, il nous semble que c’est très difficile. Très difficile pourquoi ? Parce que dans beaucoup de décisions, au sein du Gouvernement, il est mis en minorité, et on l’a vu encore pour la levée des drapeaux. C’est quand même une chose extraordinaire, puisqu’il a voté contre, alors qu’il a participé à la levée du drapeau au haut-commissariat et que son groupe politique a voté contre au Congrès, sans qu’il soit présent, d’accord ? Ce qui n’est vraiment pas une marque de respect, vis-à-vis des élus du Congrès. Tout ça est inadmissible de la part d’un président du gouvernement. Ensuite, il faut dire les choses telles qu’elles sont : il est dans une situation judiciaire personnelle très difficile, en étant mis en examen. Qu’il le veuille ou non, ça porte préjudice à l’image du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, et c’est lui seul qui doit en tirer les conclusions. La collégialité ne fonctionne plus, même s’il a augmenté le nombre d’heures de collégialité de quatre heures à dix heures de collégialité pour, bien souvent, comme ça se passe au (?) gouvernemental, plus un monologue plutôt que de la discussion collégiale. Je crois que la collégialité, c’est quelque chose qui se compte pas en nombre d’heures. C’est un état d’esprit, et c’est un état d’esprit océanien avant tout. Ce qu’il n’a pas.

     

    Journaliste : Dans ce contexte, lui dit : je ne démissionnerai pas. On a tout de même l’impression que l’entente républicaine va pas bien.

     

    Éric Gay : L’entente républicaine, c’est lui qui a pris la responsabilité de la casser. Il a pas voulu reconduire Harold Martin à la présidence du congrès de la Nouvelle-Calédonie. Ça, c’était une démarche de responsabilité au sein de l’entente républicaine. C’était une répartition qui était convenue au départ. Je lui rappelle que c’est nous qui l’avons installé à la tête du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, c’est cette entente républicaine. En ne votant pas pour Harold Martin au congrès de la Nouvelle-Calédonie, il a pris une responsabilité très lourde de casser cette entente républicaine. Maintenant, nous ne sommes pas dans une démarche de dysfonctionnement des institutions de la Nouvelle-Calédonie, parce qu’on sait que ça a une trop grande importance sur la stabilité sociale et économique de la Nouvelle-Calédonie. Mais il faut quand même que les responsables politiques de ce pays sachent qu’ils ne sont pas aux responsabilités pour eux, mais pour l’intérêt général.

     

    Journaliste : L’attitude qu’il a prise d’opposition au drapeau, la manière dont il mène cette opposition, c’est quelque chose qui vous gêne ?

     

    Éric Gay : Oui, parce que c’est quelque chose d’inadmissible. D’abord, c’est pas dans le sens de l’histoire. Ensuite, c’est fait surtout dans un esprit de calcul politique, politicien, qui n’a aucune chance d’aboutir. Cette démarche politique n’est pas acceptable aujourd’hui, où la Nouvelle-Calédonie doit s’organiser pour préparer la suite de son avenir. Appeler les Calédoniens à travers un drapeau unique, créer de la division, flatter de façon démagogique les Calédoniens et ne pas accepter l’histoire du pays, aujourd’hui, c’est (?) de responsabilité. Donc, moi, je crois que c’est un jeu extrêmement dangereux. Aujourd’hui, Philippe Gomès est dangereux pour la suite de ce qu’il y a à construire avec les indépendantistes. Parce qu’il croyait être le seul capable de le faire, qu’il avait l’autorité et la possibilité de mettre en place ces discussions. Je crois que ce complexe qu’il a, de ne pas être signataire de l’Accord de Nouméa, nuit beaucoup à son comportement politique, et ça, c’est pas une bonne chose. En tout cas le Rassemblement n’est pas à ce niveau-là. Nous, nous poursuivons tranquillement, en relation avec nos partenaires, pour préparer un avenir de paix pour les Calédoniens.

     

    Journaliste : Justement, sur cette proposition des deux drapeaux Philippe Gomès essaye de dire que c’est une proposition qui divise.

     

    Éric Gay : Ce que je peux vous dire, c’est que c’est totalement l’inverse. Cette proposition, au contraire crée une union très forte entre les deux légitimités en Nouvelle-Calédonie. Par contre, je crois que c’est plutôt lui qui divise, parce que dans une interview que j’ai lue, j’ai vu qu’il divisait même l’UC, en disant que certains responsables politiques n’avaient pas la légitimité au sein de l’UC. Je crois que ça, c’est un risque dangereux d’aller diviser au sein du mouvement indépendantiste, et puis, même au sein de son propre groupe politique, parce qu’on sait bien qu’au sein de son propre groupe, alors qu’ils ont voté contre la levée des drapeaux au congrès de la Nouvelle-Calédonie, certains sont totalement favorables à cette proposition de Pierre Frogier. Donc, vous voyez que nous, nous ne divisons pas, c’est plutôt la spécialité de Philippe Gomès. Je crois qu’il est totalement isolé, et puis il utilise des moyens de communication ou autres, où il cherche en organisant des brochettes-partys, à faire adhérer à son principe de construire, ce qu’il appelle une petite nation dans une grande nation. C’est une démarche qui n’est pas acceptable aujourd’hui, et puis, qui est dangereuse politiquement. Il faut que les Calédoniens le sachent : avoir un troisième drapeau, comme il le souhaite, c’est faire tomber le drapeau français. Je crois qu’aujourd’hui, où pour la première fois depuis bien longtemps, le drapeau tricolore vient d’être remis à Ouvéa, qui est un signe symbolique extrêmement fort, je crois que la levée du drapeau au sénat coutumier, avec les propos qui ont pu être tenus par les uns et les autres, notamment les partenaires indépendantistes, de cette volonté de reconnaissance et d’apaisement, et de ces signes forts qui donnent sur une autre image du drapeau indépendantiste à avoir. On ne peut pas se permettre de passer à côté, il faut absolument, avec eux travailler et poursuivre les discussions.

     

    Journaliste : Est-ce que clairement, aujourd’hui, vous lui demandez de démissionner ?

     

    Éric Gay : Non, on lui demande pas de démissionner. Il doit assumer ses responsabilités. Je crois qu’aujourd’hui, Philippe Gomès est dans une impasse politique, après son échec personnel des élections législatives de 2007, l’échec des élections provinciales de 2009, où il avait mis tous les moyens nécessaires pour les remporter, notamment en asséchant les finances de la province, et vous savez très bien, en nous mettant dans de grosses difficultés financières, telles qu’on les connaît aujourd’hui. Je crois que c’est une prise de responsabilité politique énorme qu’il a devant les Calédoniens. Il a pas su, je crois, prendre au rebond la proposition de Pierre Frogier, s’inscrire dans cette démarche politique tel qu’a pu le faire Harold Martin, je crois, qui a su s’inscrire dans cette démarche politique pour la Nouvelle-Calédonie, et moi, je crois qu’il faut remercier le président du Congrès et son mouvement d’avoir accompagné Pierre Frogier dans cette démarche, parce que c’est la seule démarche politique raisonnable qui nous permettra, avec les partenaires de l’Accord de Nouméa et les indépendantistes notamment, d’entamer sereinement la poursuite des discussions et d’essayer de faire comprendre à nos partenaires que l’avenir de la Nouvelle-Calédonie doit s’inscrire durablement dans la France, avec la mise en place d’institutions que nous conviendrons ensemble, et tout ça, quand on est un responsable politique digne de ce nom, eh ben, on n’a le droit, pour ses propres intérêts personnels, de passer à côté.

    Ce billet a été posté le Vendredi, juillet 30th, 2010 à 11:44 et il est classé dans Vie Politique. Abonnez vous a ce flux RSS 2.0 RSS. Vous pouvez réagir à cet article, ou le citer sur votre blog.
  • 3 Commentaires

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    1. Poste le juillet 30th

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      tnx for info!!…

    2. Poste le novembre 17th

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      tnx for info!…

    3. Poste le novembre 26th

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      thanks for information!…

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